Chroniques, Contemporain, Moyen-Orient

Les hirondelles de Kaboul

19 août, jour de la fête nationale en Afghanistan, jour de leur indépendance acquise en 1919. Les images de ces derniers jours sont glacantes, les mots me manquent pour exprimer ma peine. C’est notamment grâce aux auteurs étrangers que je découvre chaque jour la beauté et la dureté de notre monde. C’est aussi ça le pouvoir des mots, des livres, faire prendre conscience du monde qui nous entoure. Et c’est avec Yasmina Khadra que j’ai découvert Kaboul. Alors aujourd’hui je ne fais pas dans l’originalité au vue de l’actualité, mais cela me tient à cœur de vous parler de ce livre qui m’a ouvert les portes de l’Afghanistan. Il m’a marquée, révoltée, émue, je l’ai donc relu pour la troisième fois.

Les hirondelles de Kaboul s’ouvre sur une scène de lapidation dans une ville où les talibans veillent au respect de leurs lois. Atiq est geôlier et peine à rentrer chez lui retrouver Mussarat, sa femme gravement malade. On lui conseille de la répudier. Quel est ce couple qui vit sous le même toit depuis des années mais qui semble pourtant si distant l’un de l’autre ? De leurs côtés, Mohsen et sa femme Zunaira, ancienne avocate, tentent de survivre dans ce Kaboul qui leur a tout pris. Dans ce tourbillon de violence, Moshen va commettre un acte qu’il ne se pardonne pas. Il s’en confesse à sa femme qui ne le reconnaît plus. Comment pardonner et avancer dans cette société de l’ultra violence ? Ces destins croisés vont nous mener sur le chemin de la folie humaine.

Ce roman intense nous conte la dureté d’un régime au sein duquel les femmes sont reléguées au rang d’objets, cachées sous leur tcahdor n’ayant ni le droit de parler ni le droit de penser. Il nous montre aussi à quel point le fanatisme religieux peut modifier les relations humaines. Yasmina Khadra manie une plume puissante et poétique, ses mots résonnent en nous. On s’attache à ces deux femmes fortes, courageuses affrontant la tête haute leur destinée. On ressent toute la tragédie de ces vies, toute l’oppression de cette ville où musique, rires, distractions et toute joie de vivre ont disparu…

Les hirondelles de Kaboul
Yasmina Khadra – Pocket

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