Chroniques, Contemporain

Trois

« Et puis il y a l’été. L’été appartient à tous les souvenirs. Il est intemporel. C’est son odeur qui est la plus tenace. Qui s’accroche aux vêtements. Que l’on cherche toute sa vie. Les fruits trop sucrés, le vent de la mer, les beignets, le café noir, l’Ambre solaire, la poudre Caron des grands-mères. L’été appartient à tous les âges. Il n’a ni enfance ni adolescence. L’été est un ange. »

Ils sont Trois, à la vie à la mort depuis qu’ils se sont connus ce fameux jour de rentrée de 1986 où ils avaient 10 ans. Nina, Adrien et Étienne se promettent un jour de quitter leur village provincial pour vivre leurs rêves à Paris. En 2017, pourtant ils mennent leur vie chacun de leur côté, ils ne sont pas vus depuis quinze ans. La découverte d’une voiture au fond d’un lac va faire ressurgir les secrets du passé…

Des trois romans de Valérie Perrin, c’est celui que j’ai préféré. Pourquoi ? Peut-être parce que c’est celui qui a le plus raisonné en moi, le thème de l’adolescence, les références aux années 80/90, la vie provinciale, le rêve de Paris… L’insouciance de l’adolescence est très bien retranscrite, cet âge charnière où tout est possible, l’effervence des étés, l’hystérie collective du baccalauréat… Pendant cette période, les Trois partageront leurs joies et leurs peines  devenant chacun un membre à part entière de cette famille qu’ils ont choisi. Puis la vie reprend son cours, les non-dits s’installent, la distance se créée… La construction du roman est encore très réussie, plus on avance plus on se demande où l’auteure va nous emmener, on découvre petit à petit les secrets de chacun grâce à une alternance de lieux et d’époques. Que s’est t-il passé pour que ces amis inséparables se perdent de vue ? Je me suis complètement attachée aux personnages, j’ai adoré retourner à ma lecture pour les retrouver. Une plume complément addictive servant un roman choral rythmé au scénario bien ficelé! Avec justesse et bienveillance, Valérie Perrin signe une véritable ode à l’amitié et au temps qui passe qu’il faut s’empresser de découvrir !

Trois
Valérie Perrin – Albin Michel

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