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Qu’importe la couleur du ciel


Sybille n’a jamais pu avoir d’enfant, sa famille c’est elle qui l’a construite. Depuis maintenant près de cinquante ans, elle forme un duo inséparable avec son amie Gisèle.
Pourtant, son équilibre va basculer lorsque Mila, la petite-fille de Gisèle a recours à un test ADN dont les résultats viennent déterrer un passé resté sous silence depuis toutes ces années. Du besoin de taire le passé pour se reconstruire au besoin de connaître ses origines, l’histoire de ces femmes interroge la notion même de famille.Il y a indéniablement plusieurs façons de concevoir la famille, nous pouvons faire primer les liens du cœur sur les liens du sang mais qu’en est-il du besoin de connaître ses origines ? Comment se construire lorsque nos racines nous ont été cachées ? Ce sont toutes ces questions qui sont soulevées à travers l’histoire de Sybille et Gisèle. Si elles ont choisi d’enfouir au plus profond d’elles mêmes leur passé pour pouvoir avancer et se reconstruire, elles n’ont pas pensé à l’impact de ce choix sur Mila. Cette dernière est profondément bouleversée par les résultats de ce test d’ADN et prend conscience qu’il existe une autre vérité qu’on lui a trop longtemps cachée. Chapitre après chapitre, l’autrice remonte le fil du temps et dévoile peu à peu les secrets et les non dits de l’histoire familiale de ces femmes. Si j’ai été un peu perdu au départ par toutes ces informations, j’ai aimé voir les secrets tomber les uns après les autres pour reconstituer le tableau familial. Agréablement surprise par la qualité de la plume de l’autrice, j’ai passé un bon moment de lecture en compagnie de ces femmes si soudées. Une très belle enquête familiale qui pousse à la réflexion sur l’impact de la généalogie.
Qu’importe la couleur du ciel
Valérie Cohen – éditions Flammarion -
Son espionne royale T2


Coucou tout le monde pour le #challengebritishmysteries de MyLouBook j’ai choisi de poursuivre ce cosy mystery que j’avais découvert l’an dernier.
À Londres, en1932, la reine n’a qu’une idée en tête que son fils le prince de Galles se détourne de son amante américaine. Elle confit alors une nouvelle mission à Georgie : jouer l’entremetteuse entre son fils et la princesse Hanneflore de Bavière en l’hébergeant chez elle.
Entre son langage trop familier et son envie de séduire tout ce qui bouge, cette jeune princesse va lui donner du fil à retordre.
Lorsqu’elles se retrouvent mêlées à une série de meurtres, Georgie sera obligée encore une fois de jouer les apprenties détectives afin d’éviter un scandale diplomatique…Quel plaisir de retrouver Georgie dans cette enquête haute en couleur ! Toujours aussi complice de la reine, elle va devoir prendre sous son aile cette jeune princesse allemande qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle est bien embêtée, elle qui vit désormais seule sans domestique et fait le ménage pour survenir à ses besoins ! Aidée par son grand-père grimé en majordome, elle fera de son mieux pour sauver les apparences. Pour découvrir qui se cache derrière ces meurtres, Georgie doit infiltrer les soirées mondaines et groupes politiques. Certes il y a quelques facilités et notre espionne royale bénéficie d’une bonne aura mais j’ai vraiment dévoré cet opus et je l’ai même préféré au premier tome. C’est pour moi une lecture doudou, je suis fan des pointes d’humour et de l’ambiance so british qui s’en dégagent. Comme dans le tome précédent, le premier meurtre arrive un peu tard dans la lecture mais ça ne m’a pas dérangée plus que ça. Nous voyageons entre le Londres des années 30 et la campagne anglaise sous fond de complot politique, un régal! Dans ce deuxième tome, sa relation ambiguë avec Darcy est un petit fil rouge dont il me tarde de connaître la suite. Rendez-vous au prochain tome !
Connaissez-vous cette saga ? Elle vous tente ?
Son espionne royale et le mystère bavarois
Rhys Bowen – La bête noire, Robert Laffont -
Set et Match 🎾


A 69 ans Joy Delaney est une mère de famille de quatre enfants tout juste retraitée. Avec son mari, elle tenait depuis de nombreuses années une école de tennis et essaie désormais tant bien que mal de s’occuper et de profiter de la vie. Mais un jour elle disparaît soudainement laissant un message un peu confu à ses enfants. Si au départ personne ne s’inquiète, ses enfants vont commencer à s’interroger sur cette étrange disparition et alterter la police. Que lui est-il vraiment arrivé ?
Bienvenue chez les Delaney. Une belle petite famille bien sous tous rapports, sportifs, fans de tennis et charmants voisins. Tout va pour le mieux jusqu’à ce que Joy disparaisse sans crier gare. Pour découvrir ce qui s’est passé, l’autrice déroule au fil des pages les secrets de cette famille. J’ai adoré retrouver l’ambiance propre aux romans de Liane Moriarty, avec une douce lenteur elle installe une tension grandissante s’infiltrant dans les relations entre les personnages. On alterne entre l’enquête sur la dispartion de Joy et les retours dans son passé pour élucider le mystère de cette disparition. On rentre dans l’intimité du couple mais aussi de leurs enfants Amy, Brooke, Troy et Logan qui ont des personnalités bien différentes. Malgré quelques longueurs, je me suis laissée porter par les secrets de cette famille, j’ai aimé découvrir leurs failles et leurs non-dits sur lesquels se sont construits leurs relations. C’est un thriller psychologique bien ficelé dans lequel l’autrice prend le temps d’exposer les rapports intrafamiliaux et nous mène par le bout du nez jusqu’à ce dénouement inattendu…
Connaissez-vous cette aurice ? Lequel est votre préféré ?
Set et match
Liane Moriarty – Albin Michel éditions -
Éros


« Je ne suis pas obligé de croire en ce que je pense »
Les auteurs nous ouvrent la porte de leur école pour percer les mystères de l’amour et nous montrer ce qui nous empêchent de percevoir sa véritable nature. Nos croyances sur l’amour se sont forgées sur les chansons, les comédies romantiques et les histoires que l’on nous raconte depuis toujours…Comment peut-on dépasser ces notions d’amour que l’on connait depuis tout petit ? Ce livre nous donne les clés pour s’aimer soi-même et les autres en se montrant plus sincère.
Depuis notre naissance la conception que l’on a de l’amour s’est construite à travers les paroles et le comportement de ceux qui nous entourent. Les auteurs nous invitent à travers cinq parties : l’histoire, l’innocence, le doute, la rédemption et l’abandon total à retracer notre parcours de l’enfance à l’âge adulte pour prendre conscience de nos croyances. La perte de l’innocence nous permet d’accéder à l’âge de raison et de douter puis de décider ce en quoi nous croyons. Notre réalité n’est pas celle des autres ! Il faut alors renoncer à ses certitudes et apprendre à désapprendre. Des petits contes philosophiques viennent illustrer parfaitement les différentes pistes de réflexions. Comme dans tout ouvrage de développement personnel, il y a des choses qui nous parlent d’autres moins mais à chaque stade de notre vie nous pouvons venir piocher ce qui résonnera le plus en nous. Réussir à ne pas interpréter les agissements des autres, ne pas prendre les choses personnellement, prendre conscience de nos pensées et de leur influence sur notre humeur sont tant de piqûres de rappel qui font du bien de relire.
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Avez-vous déjà lu cet auteur ?
Éros
Don Miguel Ruiz & Barbara Emrys Jouvence éditions -
Le gosse


A 7 ans, Joseph vit avec sa mère et sa grand-mère dans les quartiers pauvres de la Bastille. Malheureusement, il va perdre sa mère et se retrouver pupille de l’Etat. Balloté de familles d’accueil à la prison pour enfants en passant par la colonie pénitentiaire, il fera les frais d’un monde d’adultes bien trop cruel pour grandir…
Véronique Olmi dresse le portrait d’un Titi parisien que la vie n’a pas épargné. Le sort s’acharne sur ce pauvre Joseph, devant faire le deuil de sa mère. Sa grand-mère sénile ne peut plus convenablement s’occuper de lui, il est alors placé sous la tutelle de l’Etat, ce sera le début d’un long et douloureux calvaire. Au fil des pages, il perd ses rêves, son innocence et son insouciance. Seul la musique et la naissance d’un amour lui permettent d’espérer et de garder un semblant de vie en lui. Si je reconnais toute la puissance de la plume de l’autrice, je m’attendais à être plus en empathie avec ce petit bonhomme. Je suis restée un peu en retrait face à tant d’atrocités. Ce ne fut donc pas le coup de cœur attendu mais ça n’en reste pas moins une très belle lecture. C’est un livre très bien documenté nous racontant un destin hors du commun et nous montrant toute l’inhumanité des institutions pour enfants dans l’après première guerre mondiale.
Le gosse
Véronique Olmi – Albin Michel -
La brodeuse de Winchester


En 1932, Violet Speedwell est une femme célibataire de 38 ans. Lassée de vivre aux côtés de sa mère acariâtre, elle décide de s’installer dans une pension à Winchester. En parallèle de son travail de dactylo pour une compagnie d’assurances, elle intègre un cercle de brodeuses confectionnant des coussins et agenouilloirs pour la cathédrale de Winchester.
A travers ce roman l’autrice aborde la condition de la femme dans les années 30. Ces femmes restées célibataires depuis la pénurie d’hommes après la première guerre mondiale étaient méprisées. Violet doit faire face à cette société où les femmes seules n’ont pas leur place. Restée elle aussi célibataire suite à la perte de son grand amour pendant la guerre, elle va se battre pour mener sa vie comme elle l’entend. Elle découvre la solidarité de son nouveau cercle d’amies de brodeuses, puis du cercle plus masculin des sonneurs de cloches. Je me suis complètement laissée embarquer par ce livre. Pourtant, ce n’était pas gagné car il n’y a pas beaucoup d’actions. Mais je découvre ici la magie et la fluidité de la plume de l’autrice. Elle nous embarque dans l’univers de la broderie tout en nous dévoilant les dessous d’une époque. Je me suis attachée à cette héroïne courageuse allant à l’encontre de ce que l’on attend d’elle. J’ai parfois été énervée et révoltée par certaines situations ou comportements auxquels elle doit faire face ! Ce fut une donc pour ma part une belle découverte et je lirai avec plaisir les autres romans de l’autrice.
Avez-vous déjà lu cette autrice ? Lequel me conseillez-vous ?
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La brodeuse de Winchester
Tracy Chevalier – éditions folio -
Portrait au couteau 🔪


🎨 En 1910, Marie Legay, jeune danseuse de l’Opéra de Paris, pose pour le peintre Odilon Voret. Un jeudi, alors qu’elle sort d’une séance avec ce maître qui la peint au couteau et qu’elle surnomme « l’Ogre », elle sera retrouvée assassinée…
Au siècle suivant, Antonin et Élisabeth, étudiants en art, observent les cicatrices ressemblant à des coups de couteau du modèle de leur cours de dessin. Très vite, ils font le rapprochement avec un célèbre tableau d’Odilon Voret représentant une jeune fille assassinée…
Quel est le lien entre toutes ces femmes ? Ces étudiants se lancent alors dans une bien étrange enquête..
🎨 Portée par une plume dynamique, ce petit polar nous fait voyager à travers les époques pour tenter de résoudre un cold case dans le milieur de l’art.
Je me suis rapidement prise au jeu et je n’ai pas vu les pages défiler. Si j’ai été surprise par la tournure fantastique que prennaient les événements, cela ne m’a pas dérangée outre mesure ajoutant une pincée d’originalité à cette enquête. J’ai particulièrement apprécié l’atmosphère de ce roman, cette douce promenade dans les rues de Paris. Un court polar bien rythmé qui ravira les petits comme les grands !Portrait au couteau
Malika Ferdjoukh – Bayard jeunesse -
Eugène et moi 🌵


Coucou tout le monde, aujourd’hui je vous propose un peu d’évasion, sortez le sombrero et les maracas, c’est parti !
C’est l’histoire de deux copines : Katherine, la blonde et Eugène, la rousse ! Elles n’ont rien en commun ! Elles se croisent à l’aéroport alors que Katherine tente d’oublier ses déboires amoureux en prenant le premier vol qui l’emmènera loin de Paris ! Elles s’envoleront pour Mexico ! C’est le début d’une belle amitié ! Ensemble elles vont prendre des risques et croquer la vie à pleines dents !
Je n’avais pas lu Katherine Pancol depuis au moins une bonne dizaine d’années. Lorsque j’étais étudiante j’avais lu et adoré la trilogie des yeux jaunes du crocodile. Ici, c’est un tout petit livre que l’autrice a écrit pendant le confinement après avoir repris contact avec son amie. On ressent tout son attachement à cette période de sa vie et à cette amie avec laquelle elle a fait les quatre cents coups. Elles se sont retrouvées dans des situations hallucinantes et parfois tellement drôles. C’est un livre qui nous offre un doux moment d’évasion. Et je pense que le fait de savoir que l’autrice partageait avec nous ses souvenirs me l’a rendu plus sympathique. Derrière sa légèreté, elle aborde des sujets sensibles tels que les violences conjuguales. De jolies illustrations d’Anne Boudart accompagent les aventures de ces deux jeunes femmes. C’est frais, ça nous fait voyager, c’est une petite bulle d’insouciance et de bienveillance !
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Eugène et moi
Katherine Pancol – Le livre de poche -
Lady Chevy


On la surnomme « Chevy » à cause de la taille de ses fesses. Elle s’appelle Amy Wirkner, et à 18 ans elle s’apprête à décrocher une bourse pour rentrer à l’université et enfin quitter ce village qu’elle déteste tant. Avec son ami Paul, ils sont convaincus que l’eau est toxique et empoisonne les habitants. Quand ce dernier lui propose de l’accompagner pour commettre un acte d’écoterrorisme, Amy pourrait bien mettre en péril son avenir…
Quelle noirceur ! Amy est une adolescente intelligente qui doit se construire derrière l’image de son grand père que tout le monde connait en tant qu’ancien membre du Klu Klux Klan. Elle a pour seul ami Paul avec qui elle a une relation ambiguë. Elle peut compter également sur son oncle Tom qui l’aide pour ses dossiers de candidature, lui raconte ses combats en Afghanistan et lui fait part de ses théories néonazies. Et puis, il y a son petit frère né avec des malformations dues sans doute à cette eau polluée. Quand Paul vient la trouver pour se rebeller contre cette entreprise qui rend malade leur ville, Amy voit son avenir s’effacer! Entraînée dans une spirale infernale, elle fera tout pour ne pas perdre son objectif de vue. Fuire! Fuire ce village empoisonné par l’industrie des gazes de schiste, fuire cette famille marquée par les pensées fascistes, fuire le harcèlement constant de ses camarades… Un climat oppressant, des personnages marquants, des thématiques fortes, tout est réuni pour passer un très bon moment de lecture. C’est un roman noir d’une extrême profondeur qui vous prend aux tripes et vous montre toute la complexité de cette Amérique au bord de l’asphyxie !
Lady Chevy
John Woods – Albin Michel -
Les faisceaux de la peur 🥀


En 1937, Judith une jeune femme juive un peu rebelle vit à Florence avec ses parents et son frère. Alors qu’elle est sur le point de rentrer à l’université, ses projets vont être bousculés par la montée du fascisme. Peu à peu leur quotidien va être chamboulé et ils seront contraint de fuire leur Italie natale.
A 17 ans, Judith perd toute son innocence alors qu’elle est témoin d’un assassinat en pleine rue par l’armée de Mussolini. Elle rêve de devenir écrivaine et de vivre pleinement son amour avec son amie Francesca. Le climat oppressant s’installe et Judith doit affronter le changement d’attitude de son entourage et la banalité des propos antisémites. Trahis, humiliés, persécutés, il est de plus en plus difficile pour les juifs de continuer à vivre normalement. L’étau se ressert sur sa famille qui décide de prendre le chemin de la France où Judith découvre les dessous de la résistance. Elle doit réapprendre à vivre, à faire confiance et à aimer sans jamais abandonner ses rêves. Extrêmement bien documenté, le roman foisonne de références historiques très précises. L’autrice retranscrit savamment l’atmosphère anxiogène qui entoure l’arrivée de la seconde guerre mondiale. Je me suis attachée à cette héroïne pleine d’énergie qui fera tout pour survivre à cette peur constante qui marque son quotidien. Je trouve que ce roman fait tristement écho à notre actualité, et fait partie de ces livres importants pour ne pas oublier notre Histoire.
Les faisceaux de la peur
Maud Tabachnik – City éditions