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Grandir un peu


Jeanne Jambon est une femme mal dans sa peau qui décide de quitter son mari. Elle tombe sur une annonce : » Vieille dame un peu loufoque loue appartement meublé à Dame de compagnie. Loyer modéré contre menus services. »
Raymonde est une vieille femme complètement déjantée qui n’a pas la langue dans sa poche, elle vit avec son petit-fils Lucas, un garçon beau et solaire meurtri par l’absence de sa mère.
Grandir un peu c’est l’histoire de leur recontre, l’histoire de vies faites de blessures et de joies, une jolie ode au temps qui passe où l’auteur aborde la construction de soi, la reconstruction et la résilience.
J’étais intriguée par ce roman qui semble t-il emporte tous les suffrages. Parce que oui c’est vrai, on adore suivre Julien sur son insta, il est drôle, nature, pétillant et généreux, il a toujours un mot gentil et ça fait du bien. Mais est-ce que son roman mérite cet incroyable engouement ? Et bien…ça ne s’invente pas, toutes ses qualités se retrouvent aussi dans ce récit. A mi-chemin entre Valérie Perrin et Anna Gavalda, il nous raconte avec justesse cette histoire touchante, avec des personnages extrêmement bien construits auxquels on s’attache très vite. Grandir un peu est un rayon de soleil et fait partie de ces romans qui nous donne du baume au cœur et nous rempli d’oxygène. Un roman que j’ai trouvé très bien écrit et très bien construit, plein de vie, de générosité sans cliché ni pathos. Une belle découverte que je recommande pour une bonne lecture cet été ☀️
Grandir un peu
Julien Rampin – Lilly Charleston -
1991


☎️ Franck Sharko sort tout juste de l’école lorsqu’il débarque au 36 quai des Orfèvres où on le charge de s’occuper de l’affaire non résolue des disparues du sud parisiens : trois femmes violées et sauvagement assassinées sans aucune piste pour retrouver leur bourreau. Il mettra toute son énergie à remonter le cours des évènements guettant le moindre indice oublié. Parallèlement, il va être amené à enquêter sur une autre affaire. Un jour, un homme lui tent une photo d’une femme attachée à un lit, la tête enfoncée dans un sac avec au dos une adresse. Faisant fi des règles de compétence, il ouvrira le premier la porte d’une enquête qui le propulsera sur le devant de la scène…
Rembobinage de la cassette au petit doigt, nous partons dans les années 90. Pour moi synonyme du club dorothée et des Spice girls, pour Thilliez ça sera plutôt Gainsbarre et benetton. Qu’à cela ne tienne ! L’immersion est réussie. On oublie vite mais à l’époque du Minitel, les procédures que l’on trouve longues aujourd’hui l’étaient a fortiori beaucoup plus en 90 où les analyses ADN venaient tout juste d’apparaître et où rien n’était informatisé. C’était mon premier Thilliez, j’ai donc fait la connaissance de Franck Sharko, un tout jeune enquêteur solitaire malmené par ses collègues et trop loin de sa fiancée restée dans le nord. J’ai vraiment aimé ce personnage un peu paumé, torturé qui donne tout pour parvenir à ses fins. Le livre se lit d’une traite, il est bien écrit, bien rythmé, bien construit, pas de temps morts, on ne voit pas les pages défiler. Sur l’enquête en elle même je l’ai trouvé somme toute assez « classique » il n’y a ni Whaouh ni la claque mais il fait le job ! C’est donc avec plaisir que je lirai prochainement Train d’enfer pour ange rouge.
☎️ Le Magazine Lire dresse le portrait de Franck Thilliez « L’étoile du Nord » dans son numéro de juin. Très intéressante, l’auteur compare son métier à celui d’illusionniste en référence à l’un des personnages de son nouveau roman.
☎️ 1991
Franck Tilliez – Fleuve éditions -
Le Nouveau


A Tokyo, une femme de quarante-cinq ans, fraîchement divorcée, est retrouvée étranglée dans son appartement. L’enquête est confiée à Kaga récemment muté au sein du commissariat du quartier de Nihonbashi. Au fil des chapitres, nous suivons cet inspecteur, très discret, rencontrer les habitants du quartier pour les interroger. De commerces en restaurants et, avec pour indices une gauffre fourrée au wasabi et une paire de ciseaux, il va relever chaque détail même ceux qui paraissent les plus insignifiants mais qui s’averreront pourtant être déterminants.
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas plongée dans une enquête japonaise, le style est clair, lent, on ne passe pas par quatre chemins, les investigations sont habilement menées et bien ficelées avec une fin plutôt inattendue. L’enquêteur est franc, direct, malicieux. La construction du roman est intéressante, chaque chapitre est consacré à l’un des commerces lié à la défunte. Ainsi Kego s’introduira subtilement dans l’intimité de ces familles, y découvrira des secrets dont il démêlera le vrai du faux avec pudeur et subtilité. Une bonne petite enquête qui m’a fait l’effet d’un cosy mystery japonais.
Le nouveau
Keigo Higashino – Acte sud -
La goûteuse d’Hitler


Après la mort de sa mère et le départ de son fiancé Gregor, Rosa Sauer est contrainte d’aller vivre chez ses beaux-parents en Prusse là où se trouve la résidence d’Hitler. Un jour, les SS débarquent chez eux et exigent que Rosa se présente au réfectoire des cuisines d’Hitler pour y devenir goûteuse. Accompagnée de neuf autres femmes, elle va devoir goûter trois fois par jour les plats qui seront présentés au dictateur. Peu à peu liées par la peur que leur procurent chaque bouchée ses femmes vont créer une très belle complicité.
On aborde ici les répercussions du nazisme sur la population locale, la peur inspirée par les SS y est très bien décrite. L’écriture est limpide, les pages défilent et je me suis attachée au huis clos de ces femmes avec leurs disputes, leurs réconciliations, leurs manigances etc.. Son fiancé parti au front, on suit également les histoires de cœur et les états d’âmes de Rosa. J’ai lu pas mal de critiques négatives sur ce livre là plupart liées au fait que l’autrice se soit inspirée de la vie de Margot Wölk en la romancant. Pour ma part, si ce n’est pas un coup de cœur, j’ai passé un moment. J’ai apprécié ce livre en tant que roman, je ne me suis pas interrogée plus que ça sur ce qui relevait de la réalité ou de la fiction, peut-être à tort ?
La goûteuse d’Hitler
Rosela Postorino – Albin Michel -
Florida


« Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée. »
Un premier chapitre glaçant qui annonce la couleur. Pour son cinquième anniversaire, une petite fille reçoit comme cadeau une jolie robe de princesse pour participer à son premier concours de beauté. Elle le gagne ! Le début de l’enfer…Nourrie par la haine qu’elle va développer envers ses parents, elle va avoir qu’une seule obsession se venger…
J’ai tout simplement adoré ce récit et surtout été séduite par le style d’Olivier Bourdeaut grâce auquel chaque phrase est une mini-claque.
Avec une plume cynique, cinglante, audacieuse, drôle et percutante, il nous conte l’histoire de cette petite fille détruite par les choix de ses parents. D’une mère obsédée par la réussite de sa fille usant de stratagèmes abjectes dès son plus jeune âge, et d’un père absent se contentant de payer et de hocher la tête, naîtra une petite fille meurtrie, abîmée ayant un rapport à son corps complètement biaisé et obsessionnel. Dans une Floride étouffante, on ouvre la porte du monde cruel des mini-miss, on y découvre l’hypersexualisation des fillettes, faux-cils, maquillage, bronzage, épilation… l’œil menaçant de leurs parents leur rappelant sans cesse l’investissement, l’enjeu de la compétition, le prix des tenues, la longueur du trajet, les entraînements interminables…
C’est ensuite l’histoire d’un corps, d’une image de soi, d’une tentative de reconstruction loin de ses parents maudits et de destruction de l’image qu’ils ont essayé de forger. Après une période de boulimie, Élisabeth se dirigera vers le bodybuilding. Hélas, le monde des bodybuilders n’est guère mieux, ingurgitation de protéines, injection de stéroïdes, coach rabaissant et humiliant…on est pris dans un tourbillon de folie, c’est fini on ne peut plus s’arrêter…Je ne peux que mille fois recommander ce livre ! Une histoire tragique au ton caustique ! Un régal !
Florida
Olivier Bourdeaut – Éditions Finitude -
Le jardin Arc-en-ciel


« Une famille n’en est pas une dès le départ, elle le devient avec le temps, jour après jour, à force de rires, de colères et de pleurs. »
J’ai lu ce livre à l’occasion d’une LC organisée par @purrfectbooks pour #lisonslasie J’avais vu que les critiques étaient moins bonnes que pour les autres romans d’Ito Ogawa. Il est vrai que le récit est totalement différent, pour ma part, j’ai été profondément touchée par par la magie et la douceur de cette histoire.
Sur le quai d’une gare, Izumi surprend une jeune femme s’apprêtant à se suicider. Elle vient au secours de Chiyoko, alors en dernière année de lycée, et l’invite chez elle à déjeuner. De cette rencontre naîtra une histoire d’amour. Izumi, en pleine reconstruction après sa séparation du père de son fils, ne s’était jamais interrogée sur sa sexualité et découvre un amour tant recherché. Chiyoko assume son homosexualité quitte à se mettre à dos sa famille. Ensemble elles décident de fuguer et de construire leur nouvelle famille dans un village perché en pleine montagne où elle ouvriront un gîte arborant fièrement le drapeau multicolore…
Le livre est découpé en quatre parties dans lesquelles chacun des personnages va s’exprimer. Ito Ogawa aborde un panel de questions auxquelles se confrontent les couples homosexuels : le comming-out, le regard des autres, de la Société, le désir d’enfant, la construction d’une famille, le harcèlement des enfants à l’école…Elle nous conte la construction d’un couple puis d’une famille qui devra surmonter ce parcours semé d’embûches. J’ai bien aimé avoir le point de vue des enfants sur le couple que forme leurs mères. Oui c’est chargé de bons sentiments mais qu’importe ! c’est tellement bien fait grâce à cette plume japonaise que j’affectionne tant. Alors certes je ne suis pas une pro des romances et encore moins Lgtbt mais ce roman est positif, optimiste, c’est une ode à la tolérance, il fait du bien! A contre-courant donc, il pourrait bien troner à la première position de mes préférés de l’autrice, je me suis attachée aux personnages, j’ai eu la gorge serrée plus d’une fois, et peut-être même qu’une larme a coulé
Le jardin Arc-en-ciel
Ito Ogawa – Picquier éditions -
Les temps retrouvés T1


Ippei vit avec son fils, sa belle-fille et ses petits enfants. Il est lasse de subvenir aux besoins de son fils… Gin ancienne institutrice joue du piano au club de musique de la maison de retraite. Tous deux veufs, Gin et Ippei, de 20 ans son aîné, tombent fou amoureux.
Une magnifique BD aux illustrations juste sublimes! J’ai complètement adoré cette romance d’un couple de retraités qui nous prouve qu’il n’y a pas d’âge pour refaire sa vie. Gin et Ippei ont passé une vie à aimer leur conjoint disparu. Comment réapprendre à aimer ? Comment transmettre les souvenirs de toute une vie à ce nouvel amour ? Et quand est-il du regard des autres ?
Les temps retrouvés
Kei Fuji & Cocoro Hirai – Latitudes éditions -
Les Enquêtes de Setna


☀️ Pour le #mbvbookclub de @mybookvision j’ai lu ce mois-ci le premier tome des enquêtes de Setna de Christian Jacq.
☀️ Setna, deuxième fils de Ramses II, n’a que faire des ambitions militaires qui lui sont prêtées, lui aime les hiéroglyphes et souhaite devenir ritualiste. Sekhet, servante de Sekhmet, est une belle jeune femme convoitée par le frère aîné de Setna qui souhaite devenir médecin. Après leur rencontre Setna et Sekhet ne pourront plus se quitter et pourtant ils vont devoir percer le mystère qui entoure le vol du vase scellé d’Osiris contenant le secret de la vie et de la mort.
☀️ Je n’ai pas lu ce à quoi je m’attendais… Ayant lu d’autres Christian Jacq j’étais partie pour une petite enquête policière mais pas du tout. Dans une ambiance onirique faisant appel aux forces du mal, il est ici question de complots, trahisons, conspirations auxquelles vient se greffer une romance égyptienne. Au début de ma lecture, j’ai donc été un peu décontenancée et j’ai bien failli lâcher prise. Mais peu à peu je me suis attachée à ces deux personnages principaux aux caractères bien trempés. Même si je ne pense pas lire la suite dans l’immédiat, j’ai finalement passé un plutôt bon moment. Je suis contente d’avoir découvert une autre facette de la plume de Christian Jacq.
☀️ La tombe Maudite ☀️
Les Enquêtes de Setna – Christian Jacq Pocket -
Ne m’oublie pas


☁️ Clémence est une jeune femme mal dans sa peau qui ne supporte pas voir sa grand-mère enfermée dans une maison de retraite.
Un jour, après une énième fugue de sa grand-mère, sa mère donne son accord pour un traitement chimique. Ne supportant pas cette décision, Clémence kidnappe sa grand-mère et se lance dans un long périple pour atteindre la maison de son enfance espérant ainsi raviver les derniers souvenirs enfouis dans sa mémoire. Elle lui rappelera les bons moments passés à ses côtés pendant son enfance. L’histoire alterne des séquences de leur escapade et de l’interrogatoire de Clémence au commissariat de police…
☁️ Une BD pleine de poésie et de tendresse avec des illustrations aux couleurs pastels roses bleutées abordant le sujet de la maladie d’Alzheimer avec délicatesse. J’ai trouvé cette bande dessinée emprunte de douceur. Le sujet, au combien douloureux, est évoqué à travers un road trip entre une grand-mère et sa petite fille et nous parle du quotidien, du temps qui passe et des décisions parfois douloureuses qu’on est amené à prendre. Sans jugement ni mièvrerie, l’auteure nous livre avec pudeur une partie de son histoire personnelle qui ne peut que nous toucher..
Ne m’oublies pas ☁️
Alix Garin – Le Lombard éditions -
Mangeterre


« Je commençais à me rendre compte que les gens à la recherche d’une personne ont un trait distinctif, une marque près des yeux, de la bouche, un mélange de douleur, de colère, de force et d’attente qui prend corps. Quelque chose de brisé où vit celui qui ne revient pas. »
Mangeterre tient son surnom de son don de voyance car lorsqu’elle mange de la terre elle entre en transe et voit les destins des uns et des autres. A la mort de sa mère, elle est contrainte de quitter l’école et de vivre seule avec son frère, se satisfaisant de bières et de jeux vidéo. Mais peu à peu ses pouvoirs se font connaître et des parents lui laissent des bouteilles avec des photos et un peu de terre pour qu’elle découvre ce que sont devenus leurs proches disparus. Elle est alors tiraillée entre les aider ou renoncer à son pouvoir. Elle déteste manger cette terre, se sent sale, en a honte mais elle ne peut longtemps résister au besoin de secourir ces familles en détresse.
On oscille entre rêve et réalité, dans ses rêves Mangeterre retrouve Anna son institutrice décédée qui la met en garde contre les dangers qu’elle encoure. Elle fera la connaissance d’un flic qu’elle exécre tant mais auquel finalement elle s’attachera…Une lecture en demi-teinte pour moi, si j’ai été plutôt séduite par la première partie de l’histoire, je suis passée complètement à côté de la seconde. Le langage un brin vulgaire m’a parfois dérangé même s’il correspond aux personnages. Peut-être que je m’attendais à ce que la problématique de la voyance soit plus creusée, dans la deuxième moitié pourtant on se rapproche plus d’une guérilla que d’une réflexion profonde sur ses dons de voyance…
Mangeterre
Dolores Reyes – Éditions de l’observatoire