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  • De silence et de loup

    De silence et de loup

    Il a fait tellement beau cet été que je vous emmène avec moi aux portes de l’Arctique, entre glace et océan pour un roman noir qui sortira le 1er septembre prochain. Je l’ai lu sans lire ni résumé ni de chronique et cette découverte à l’aveugle a été idéale, je vais donc essayer de vous en dire le moins possible.

    Nous sommes à Tiksi, petite ville dépourvue de charme, au fin fond de la Sibérie, accessible uniquement en bateau ou en avion. C’est ici qu’Ana, journaliste à France Télévision, intégrera une équipe de scientifiques, espérant échapper à son passé. Mais rien ne va se passer comme prévu, ce huis clos sur voilier s’avérera une redoutable épreuve pour la nature humaine. Entre découverte de mammouths, virus ressurgissant du passé, militaires corrompus, Ana devra affronter les démons qu’elle était venue oublier…

    Parallèlement, nous suivons Dom Joseph, fraîchement arrivé au monastère, découvrant peu à peu le carnet de voyage d’Ana.

    J’avais beaucoup vu passer son précédent roman Denali, mais c’est à l’occasion de cette lecture que j’ai découvert la plume de l’auteur. Ce fut une très belle rencontre, je me suis laissée complètement embarquer dans cet univers qui devient de plus en plus sombre au fil des pages. On oscille entre le roman noir, le roman d’aventure et le nature writing, il y a d’ailleurs une référence au livre La route de Cormac Mccarthy. En toile de fond, des thématiques environnementaux, écologiques et politiques sont soulevées. La fin est attendue mais n’en reste pas moins frissonnante tant cette tension grandissante tout au long de la lecture nous oppresse. Avec une très belle écriture, un rythme soutenu, grâce notamment à l’alternance d’époques entre Ana et Dom Joseph, j’ai bien eu du mal à le lâcher !

    De silence et de loup
    Patrice Gain – Albin Michel Sortie le 01/09

  • Premier sang

    Premier sang

    Que serait une rentrée littéraire sans le nouveau roman d’Amélie Nothomb ? Je sais, on le voit partout, mais je l’ai lu alors je vous en parle.

    Le livre s’ouvre sur une scène d’exécution, Patrice va mourir… Rétropédalage, Patrick nous raconte comment il en est arrivé là. Enfant calme, il perd son père et, est élevé par sa grand-mère maternelle, loin de sa mère qui ne voit en lui que le reflet de son défunt époux. Pour l’endurcir, son grand-père propose qu’il aille passer l’été chez ses grands-parents paternels : les Nothomb ! Il fait alors connaissance d’un baron et d’enfants sauvages, découvre un manoir loin du confort dont il a l’habitude…

    Cela fait des années que je lis Amélie Nothomb, parfois je suis transportée parfois non. Cette année elle signe un beau roman dans lequel elle nous conte l’histoire de son père décédé l’année dernière. A travers ces pages, elle lui fait raconter son histoire. Il est différent de ce que l’on a l’habitude de lire avec l’auteure. Cependant, elle raconte toujours aussi bien les histoires, manie toujours aussi bien les dialogues, mais comme toujours aussi, je regrette le trop peu de pages, j’aurais aimé rester un peu plus longtemps avec ces personnages. Un bon moment passé tout de même en compagnie des Nothomb. Un bel hommage.

    Attendiez-vous ce nouveau roman avec impatience ?

    Premier sang
    Amélie Nothomb – Albin Michel

  • La révérence de l’éléphant

    La révérence de l’éléphant

    Au départ de ce voyage, nous suivons Marguerite, en maison de retraite, apprennant qu’elle a un cancer. Emmanuel son petit-fils, photographe animalier en Tanzanie, s’est renfermé sur lui-même suite à une déception amoureuse. Roxane, ancienne joueuse de poker, se sent coupable de ne pas avoir pu dire au revoir à sa grand-mère avant qu’elle ne décède.

    Ces trois voix vont, tour à tour, nous raconter leur histoire.

    Marguerite est las, elle aimerait pouvoir choisir le moment où elle quittera ce monde. Emmanuel, attachée à cette femme aimante qui l’a élevé à la mort de sa mère, ne se résout pas à la laisser partir. Ayant décidé d’accorder du temps aux pensionnaires de la maison de retraite, Roxane croisera le chemin de Marguerite. Une belle histoire d’amitié est née, ils ne se quitteront plus…

    La révérence des éléphants
    Laura Trompette – Lilly Charleston

    Avec douceur et bienveillance, l’auteure nous guide sur les chemins de la Tanzanie. C’est un dépaysement garanti grâce aux descriptions sublimes des paysages et aux problématiques soulevées, rencontrées dans ce pays (braconnage, écologie, éducation..).

    La révérence de l’éléphant fait partie de ces livres dont on connaît fatalement l’issue mais qui ne nous en laisse pas moins un souvenir ému. On s’attache à ce trio et, particulièrement à Marguerite qui nous livre ses réflexions les plus profondes au cours des derniers instants de sa vie. Notre gorge se serre au fil des pages de cette histoire d’amour intergénérationnelle nous faisant voyager et nous ramenant à nos propres réflexions sur la fin de vie. On referme ce roman en ayant pris une grande bouffée d’oxygène

  • Été 85

    Été 85

    ☀️ 1985 c’est l’année où je suis née, j’ai donc d’abord été attirée par le titre. Je n’avais ni lu ce livre, paru en 1983 sous le titre « La danse du coucou », ni vu le film adapté par François Ozon en 2020. Si le titre peut paraître trompeur car peu d’éléments nous ramène aux années 80, j’ai tout de même passé un bon moment de lecture et je découvrirai le film avec plaisir.

    ☀️ L’auteur s’inspire d’un fait divers lu dans les journaux, un élève de seize ans est jugé pour avoir profané la tombe de l’un de ses camarades. Des années plus tard, il imaginera, à travers ce roman, ce qui a pu pousser ce lycéen à agir ainsi. Nous suivons donc Henry, alias Hal qui, muré dans son silence, refuse de se défendre. Le magistrat nomme alors une assistante sociale pour enquêter sur ce mystérieux jeune homme. Grâce aux mots, qu’il manie si bien, Hal va tenter de remonter le cours des évènements de cet été tragique au cours duquel il a fait la connaissance de son premier amour Barry Gorman.

    ☀️ Ce récit, écrit à la première personne, est découpé en scènes avec des apartés, des reprise de séquences et un rapport d’enquête. J’ai bien aimé cette narration et cette construction qui rend le roman très dynamique. Avec une plume à la fois drôle et cinglante, l’auteur nous parle de l’adolescence à travers la voix de ce lycéen en pleine construction, avec ses interrogations, ses doutes, ses peines. Été 85, est aussi une belle histoire d’amour universelle, sans jamais que l’homosexualité ne soit vraiment le sujet principal, l’auteur aborde la sexualité d’une manière simple et naturelle. On s’attache à ces deux adolescents qui se cherchent et croquent la vie à pleines dents! Un été plein d’aventures, de passion, de révoltes ! Une lecture que je vous recommande !

    Été 85 ☀️
    Aiden Chambers – Éditions Points

  • Les hirondelles de Kaboul

    Les hirondelles de Kaboul

    19 août, jour de la fête nationale en Afghanistan, jour de leur indépendance acquise en 1919. Les images de ces derniers jours sont glacantes, les mots me manquent pour exprimer ma peine. C’est notamment grâce aux auteurs étrangers que je découvre chaque jour la beauté et la dureté de notre monde. C’est aussi ça le pouvoir des mots, des livres, faire prendre conscience du monde qui nous entoure. Et c’est avec Yasmina Khadra que j’ai découvert Kaboul. Alors aujourd’hui je ne fais pas dans l’originalité au vue de l’actualité, mais cela me tient à cœur de vous parler de ce livre qui m’a ouvert les portes de l’Afghanistan. Il m’a marquée, révoltée, émue, je l’ai donc relu pour la troisième fois.

    Les hirondelles de Kaboul s’ouvre sur une scène de lapidation dans une ville où les talibans veillent au respect de leurs lois. Atiq est geôlier et peine à rentrer chez lui retrouver Mussarat, sa femme gravement malade. On lui conseille de la répudier. Quel est ce couple qui vit sous le même toit depuis des années mais qui semble pourtant si distant l’un de l’autre ? De leurs côtés, Mohsen et sa femme Zunaira, ancienne avocate, tentent de survivre dans ce Kaboul qui leur a tout pris. Dans ce tourbillon de violence, Moshen va commettre un acte qu’il ne se pardonne pas. Il s’en confesse à sa femme qui ne le reconnaît plus. Comment pardonner et avancer dans cette société de l’ultra violence ? Ces destins croisés vont nous mener sur le chemin de la folie humaine.

    Ce roman intense nous conte la dureté d’un régime au sein duquel les femmes sont reléguées au rang d’objets, cachées sous leur tcahdor n’ayant ni le droit de parler ni le droit de penser. Il nous montre aussi à quel point le fanatisme religieux peut modifier les relations humaines. Yasmina Khadra manie une plume puissante et poétique, ses mots résonnent en nous. On s’attache à ces deux femmes fortes, courageuses affrontant la tête haute leur destinée. On ressent toute la tragédie de ces vies, toute l’oppression de cette ville où musique, rires, distractions et toute joie de vivre ont disparu…

    Les hirondelles de Kaboul
    Yasmina Khadra – Pocket

  • Origami Blues

    Origami Blues

    Florence, tient une boutique spécialisée dans l’art de l’origami. Solitaire, antipathique et un poil agressive, elle a des relations tendues avec sa mère et garde ses distances avec les hommes. Il suffira du départ de sa sœur en Hongrie, de l’embauche d’un étudiant fan de Kirigami, et de la rencontre avec un mystérieux inconnu, pour que petit à petit les secrets de Florence se révèlent un par un… Pour avancer, elle va devoir affronter ses traumatismes et laisser derrière elle son passé…

    J’ai apprecié la première partie du livre et particulièrement la découverte du milieu de l’origami. Malheureusement, je suis un peu passée à côté de la seconde moitié que j’ai trouvé un peu expéditive. Il m’a manqué un peu de profondeur sur les sujets évoqués. J’ai toutefois apprécié la plume de l’auteure et le jeu passé présent qui laisse planer le mystère sur les blessures de l’héroïne. Peut-être que ce n’était simplement pas le bon moment pour moi. J’ai lu beaucoup de chroniques positives et je comprends l’engouement car il est doux et très bien écrit.

    Origami Blues
    Sarah Clain – Lilly Charleston

  • L’année la plus chaude

    L’année la plus chaude

    ☀️ Un été chaud au cours duquel Alex fête ses treize ans avec une mère en proie à la dépression ayant des envies d’ailleurs et, un père au chômage noyant son chagrin dans l’alcool. Accompagné de ses deux acolytes  Jérôme et Sophie, et de son petit frère Thomas, il occupe ses journées à collectionner les objets trouvés dans l’ancienne carrière de la commune qu’ils ont rebaptisé les Caraïbes ! Mais un jour Marko, la brute du quartier, décide de privatiser les Caraïbes. Jérôme est déprimé par la perte de leur espace de liberté, Alex va essayer de trouver une solution pour sortir de ce climat pesant, rêvant d’ouvrir un musée de tous ces objets accumulés. Et il va trouver un objet qui risque bien de tout changer…

    ☀️ Un premier roman qui nous conte une parenthèse estivale dans la vie de ces adolescents qui occupent leur été, gèrent leur famille, leurs rivalités, leurs premiers émois… La plume est très agréable, on ne voit pas pas les pages défiler. Derrière un ton léger et empreint d’humour, on ressent toute la moiteur de cet été caniculaire et l’oppression des sujets douloureux soulevés.

    L’année la plus chaude ☀️
    Maxime Bultot – Jc Lattès

  • Le sang et le pardon

    Le sang et le pardon

    Le 14 août est la fête nationale du Pakistan. En 1947, naissait ce pays devenant indépendant du Raj britanique. @lesetapesindiennes ont fait étape au Pakistan, l’occasion pour moi de découvrir un nouvel auteur…et quel auteur ! Nadim Aslam, né au Pakistan, s’est installé en Angleterre à l’âge de 14 ans fuyant ce pays dont il nous parle si bien !

    Nargis et Massud, un couple d’architectes musulmans, vivent à Zamana. La vie de Nargis bascule le jour où Massud est accidentellement tué dans un échange de tirs. On la somme alors d’accorder son pardon à l’officier américain qui a tué son mari. Nargis craint que son secret, qu’elle taisait même à son mari, soit révélé au grand jour car, depuis peu un inconnu dévoile l’intimité des gens du haut du minaret. Dans un pays où le blasphème fait l’objet d’arrestation sur simple dénonciation, Nargis prendra la fuite. A ses côtés, Helen, fille de Lily son serviteur chrétien, veuf et épris de Aysha fille d’un Imam. Toutes deux seront accompagnées par Imran, un cachemirien tentant de fuire le Jihad auquel il a participé. Ces personnages, que tout oppose dans ce pays, vont s’unir pour échapper au pire.

    Un livre poignant, déchirant qui ne peut laisser indifférent. On évolue dans un monde cruel où les lois sont dictées par la foi. Certaines scènes m’ont glacée le sang me rappellant les terribles attentats de 2015, scènes du quotidien au Pakistan… La plume de l’auteur est complètement immersive, ses personnages sont puissants, son histoire pleine de rage… Il mêle avec brio l’horreur et la beauté du monde. C’est avec plaisir que je découvrirai ses autres romans. Connaissez-vous cet auteur ? Quel livre me conseillez-vous ?

    Le sang et le pardon
    Nadeem Aslam – seuil éditions

  • La passeuse d’histoires

    La passeuse d’histoires

    Jaya, journaliste new-yorkaise subissant fausse couche sur fausse couche, apprend que son grand-père va bientôt mourir. Elle entreprend alors un incroyable voyage en Inde sur les traces de son histoire familiale. Grâce à Ravi, ancien servant de ses grand-parents, elle apprendra à connaître sa grand-mère Amisha. Dans une double temporalités, nous naviguons entre ce passé douloureux d’une histoire d’amour impossible sous occupation britannique et, le présent de cette jeune femme découvrant des secrets cachés par sa mère et expliquant peut-être, les raisons de sa relation compliquée avec cette dernière.

    Un coup de cœur indien pour ce sublime récit, nous transportant en plein cœur d’une Inde rurale avec ses couleurs, sa cuisine et ses coutumes. L’auteure a réussi à mettre beaucoup de profondeur dans ses personnages. Ravi m’a touché en plein cœur, j’ai été profondément émue par sa loyauté, son dévouement et son amour sans bornes pour Amisha. Comme souvent, j’ai été révoltée par ce système de castes terriblement injuste. La place de la femme est délicatement abordée avec Amisha qui, après un mariage arrangé et trois fils, se consacrera à enseigner l’écriture malgré les interdits de cette Inde des années 30. Un récit d’amour, d’amitié, de combats et de résilience qui sonne incroyablement juste et que je vous recommande chaudement !

    La passeuse d’histoires
    Sejal Badani – Lilly Charleston

  • Au prochain arrêt

    Au prochain arrêt

    En plein cœur du Japon, nous suivons un train reliant Takarazuka et Nishinomiya et ses huit gares. Dans une première partie dédiée à l’aller, nous faisons la connaissance des personnages qui se croisent au fil des chapitres. Au retour, nous les retrouvons pour une seconde partie où le temps a passé.

    Une lecture douce empreinte de poésie, une immersion dans la culture japonaise, un style épuré nous guidant vers des réflexions de vie. Nous croisons une mamie bien décidée à transmettre de bonnes valeurs à sa petite fille, une jeune femme humiliée savourant sa vengeance, une femme battue trouvant le courage de partir, un couple naissant, des étudiants… Tout ce petit monde est subtilement lié entre eux soit parce qu’ils assistent à des scènes soit grâce à des conversations fortuites, des conseils donnés à l’un ou à l’autre. Et c’est bien cela tout le charme de ce livre… Lorsque nous sommes observateur des personnes qui nous entourent pendant un trajet, ne sommes-nous pas perdus dans nos réflexions sur ce que nous voyons ou entendons? n’imaginons-nous pas la vie de ces personnes que nous croisons pour quelques instants ? J’ai apprécié suivre ces tranches de vie pendant ce voyage très japonisant.

    Au prochain arrêt
    Hiro Arikawa – acte sud