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La maison aux miroirs


A Positano, Milena rend visite à son grand-père Michele dans sa belle maison située en bord de mer. Alors que les ouvriers s’affairent à reconstruire le mur qui entoure la bâtisse, ils découvrent des ossements au fond d’un puit.
Cette découverte pousse Milena à rester auprès de son grand père souffrant de la maladie alzheimer afin d’élucider ce mystère. Mila partira sur les traces de sa grand-mère, Eva disparue depuis plusieurs décennies abandonnant un beau matin sa fille et son mari. Dans une double temporalités, nous allons suivre l’histoire de Milena qui rêve de cinéma cherchant à en savoir plus sur ses origines, et celle d’Eva, jeune actrice américaine, cachant à tout prix son passé.L’auteure nous entraîne sur la côte almafitaine où le ciel et la mer se confondent, où on fait de la confiture de citrons. Autour de l’enquête sur ce mystérieux squelette retrouvé au fond d’un puit, on va suivre Milena dans la découverte de l’histoire de cette grand-mère avec laquelle elle a beaucoup de points commun. Ce roman aborde également un phénomène historique peu connu du maccarthysme et nous entraînera alors dans l’anticommunisme de la Guerre froide. Secrets, espionnage et cinéma, le tout enveloppé par la douceur italienne, une chose est sûre on ne voit pas le temps passer en tournant les pages de ce roman.
La maison aux miroirs
Cristina Caboni – Les Presses de la Cité -
Beyrouth, la nuit


Dans le cadre du challenge organisé par @autricesdumonde, je me suis envolée pour le Liban, le temps d’une soirée.
A Beyrouth, une nuit de pleine lune, nous suivons six personnages le soir du match Allemagne-Ghana de la Coupe du monde de football 2010. Marylou demande à Yves de l’aider à se débarrasser des vestiges de ses anciens amours. Kamal découvre qu’un drame a frappé sa dernière conquête. Osman sent Sevin lui échapper. Anis cherche à joindre ses amis mais personne ne lui répond. Olivia reste désespérément amoureuse de Kamal et Zafla de Peter.
Le récit dynamique est composé de courts chapitres alternants entre les personnages nous livrant leurs états d’âmes, leurs réflexions, leurs déceptions, leurs espoirs et leurs doutes. L’auteure décrit l’ambiance de Beyrouth, ses tours en construction, ses boîtes de nuits lumineuses, l’effervecence d’un match, le mélange de ses églises et de ses mosquées, les vitrines parfois luxueuses, les nombreux barrages déployés et l’ombre menaçante des attentats.
Si ce roman est bien rythmé grâce à sa structure et aux personnages sujets de cette nuit tragique, je n’ai pas vraiment adheré à l’histoire en elle même. Je dirais que ce roman est avant tout notable pour l’atmosphère qui s’en dégage. Je vais tenter de lire un autre livre de cette auteure.
« Rappelons que les guerres libano-israëlienne de 1982 et de 2006 ont chacune pour point de départ la fin du Mondial, et que les deux fois l’Italie a emporté la coupe. Le mondial de 2010 sera-t-il, lui aussi marqué par un conflit ? «
Beyrouth, la nuit
Diane Mazloum – Le livre de Poche -
Un jour viendra


« Où est-il écrit qu’il est facile de lancer une révolution ? Qui vous a raconté que l’anarchie surgirait comme le soleil qui se lève ? »
Dans la campagne des Marches, vit la famille maudite des Ceresa dans laquelle les enfants disparaissent tour à tour. Lupo et Nicola les deux fils restants sont bien différents, l’un rebelle et anarchiste, l’autre réservé et passionné par les livres. Lupo s’est donné pour mission de veiller sur son frère. Parallèlement, nous suivons sœur Clara, née au Soudan, dirigeant fermement son monastère de Serra de Conti à laquelle semble être liés bien des secrets.
Les éditions Gallmeister ont traversé l’Atlantique pour nous faire découvrir la littérature italienne grâce à ce roman noir où il est question de famine, d’épidémie, de guerre, de résistance avec pour fil conducteur de lourds secrets de famille.
Une lecture agréable qui nous entraîne dans les entrailles de l’Italie aux portes de la guerre. Une fresque familiale dont j’ai aimé la profondeur des personnages, leur personnalité complexe recouvrant de multiple facettes parfois contradictoires. Au milieu de ce contexte historique sombre et de ces tragédies familiales, ces deux frères s’aiment autant qu’ils se détestent mais nous livrent au final une belle leçon d’amour et de résilience. Ce récit est également celle de l’histoire d’un pays, l’auteure nous conte le métayage, les luttes paysannes et le mouvement anarchiste de la fin du XIXe siècle.
Les notes de l’auteur et de l’éditeur à la fin de cet ouvrage sont aussi intéressantes pour leurs explications des contextes littéraire et historique.
« Les règles qu’on se donne, les livres qu’on lit, l’argent avec lequel on achète, les gens que l’on soumet, nos espoirs, tout n’est qu’illusion, compromis, décisions, tout a été inventé il y a très longtemps, c’est vrai, eh bien il nous faudra autant de temps pour le changer ».
Un jour viendra
Guilia Caminito – Éditions Gallmeister -
Kafka sur le rivage


» C’est ce qui fait le sel des histoires : Les retournements de situation, les développements inattendus. Il n’y a qu’une sorte de bonheur, mais le malheur prend mille formes différentes. Comme dit Tolstoï, le bonheur est une allégorie, le malheur est une histoire. »
C’est le genre de petite brique qui était prête à rester longtemps à m’attendre. C’était sans compter sur @hildelle qui a proposé une lecture commune pour #unmoisaujapon. Pour ma part, c’était le premier livre que je lisais de cet auteur, une totale découverte..
Il y a tellement à dire sur ce roman on y trouve tout: de la violence, des meurtres, du sexe mais aussi des disgressions philosophiques, de la poésie, de l’ésotérisme.
Pendant cette lecture mes yeux se sont fermés, écarquillés, levés au ciel, j’ai aussi souris, ris, je me suis interrogée, j’ai réfléchi et parfois eu même des hauts de cœurs lors d’une scène sanglante flirtant avec l’horreur.De chats qui parlent à des pluies de maquereaux ou de sangsues, un ouragan de fiction s’abat sur nous. Ici, l’imaginaire est à son apogée rien n’est oublié pour étonner, questionner et surprendre le lecteur. Usant de symboles, de métaphores, de références philosophiques, littéraires, artistiques ou historiques, le lecteur n’aura aucun répit. Le récit est dense, rythmé alternant les chapitres entre les deux personnages principaux rendant l’écriture complètement addictive. C’est le genre de livre sur lequel on pourrait discuter encore et encore. On peut le qualifier d’ovni, de bizarre, d’étrange ou de parfois dérangeant, une chose est sûre on ne s’ennuie jamais !
J’ai beaucoup aimé cette lecture, que j’aurais pensé plus laborieuse, néanmoins je n’ai pas vraiment réussi à reconstituer toutes les pièces du puzzle, trop de questions resteront en suspens. J’ai parfois été un peu perdue entre ce qui relève du réel et de l’imaginaire mais peut-être qu’après tout place est faite à notre interprétation…
Je poursuivrai avec plaisir la découverte de l’œuvre de Murakami. Les deux prochains sur ma liste sont : « La course au mouton sauvage » et « La ballade de l’impossible ».
Kafka sur le rivage
Haruki Murakami – Éditions 10-18 -
Orange T1


Naho, une adolescente vivant à Matsumoto, recoit une lettre du futur écrite par elle-même, dix ans plus tard. Dans cette lettre, la Naho de vingt-six ans explique qu’elle est rongée par les remords et souhaite que la Naho de seize ans ne reproduisent pas les mêmes erreurs. Naho va découvrir des instructions pour les mois à venir concernant notamment un nouvel élève dans sa classe, Kakeru Naruse.
J’ai beaucoup aimé découvrir ce manga. Le synopsis était intriguant et ce premier tome a été à la hauteur de mes attentes. On s’attache tout de suite aux personnages et à leurs histoires, je l’ai trouvé drôle et émouvant.
Plusieurs thèmes sont abordés avec un ton très juste, le temps qui passe, les regrets, les paroles qu’on a dites ou qu’on n’a pas osé dire. Est-ce-que que nos vies auraient été différentes si on avait fait autrement ? Je lirai le deuxième tome avec plaisir.Orange
Ichigo Takano – Akata manga -
La fête des ombres


Coup de ❤❤❤
Oh que j’aime cette BD, véritable coup de cœur c’est un régal pour nos yeux et notre cœur. Le message véhiculé est doux et poétique, le graphisme est juste exquis, une pépite. On voyage, on rêve, on sourit…
Dans un village isolé du Japon, pendant la fête des ombres, les habitants accueillent les âmes errantes des morts. Naoko vis parmis les ombres depuis sa plus tendre enfance. Pour aider la nouvelle ombre qui la suit, celle d’un homme mystérieux, elle va devoir apprendre à créer des liens avec lui en commençant par rechercher les causes de sa mort. Elle a un an pour y parvenir avant le prochain été sinon l’ombre sera définitivement perdue. Mais Naoka s’attache de plus en plus à cette ombre risquant dès lors de brouiller la frontière entre le monde des vivants et celui des morts.
Je recommande chaudement ce magnifique album. A lire, relire et rerelire… Il s’agit d’un premier tome comprenant l’automne et l’hiver, j’attends le tome 2 avec grande impatience vite, vite, vite
La fête des ombres
@atelierSento @editionissekinicho -
Certaines n’avaient jamais vu la mer


« Parfois l’océan nous avait pris un frère, un père, ou un fiancé, parfois une personne que nous aimions s’était jetée à l’eau par un triste matin pour nager vers le large, et il était temps pour nous, à présent, de partir à notre tour. »
C’est l’histoire de ces japonaises mariées à des américains qu’elles n’ont jamais vu. Les lettres envoyées par leurs futurs maris promettaient un homme beau, jeune, riche pouvant subvenir à leurs besoins. Les Etats-Unis étaient devenus pour elles la Terre Promise. Malheureusement, au bout de la traversée qui les mène à San Francisco le rêve ne deviendra pas réalité.
Malgré ces 139 pages ce récit est dense, il décrit un pan de l’histoire du Japon peu connu ne pouvant laisser de marbre, l’immigration des japonaises, le racisme anti japonais ou encore leur déportation. Nous allons accompagner ces femmes au cours de leur destin tragique de leur première rencontre avec leur mari à leur disparition pendant la seconde guerre mondiale. Julie Otsuka raconte cette histoire en employant la première personne du pluriel pour décrire ce drame collectif constitué de tous ces drames individuels. Néanmoins, pour ma part, j’ai eu du mal à m’accrocher à cette longue liste de drames vécus par toutes ces femmes, une suite d’événements tous plus cruels les uns que les autres. Ce « nous » créé une distance entre le narrateur et le lecteur, je n’ai donc pas pu m’attacher à un personnage en particulier. C’est là toute l’originalité du livre mais ça ne devait pas être le bon moment pour moi, je suis malheureusement passé à côté de cette lecture. Je le relirai sans doute car je pense vraiment que c’est un livre qui mérite d’être apprécié
Certaines n’avaient jamais vu la mer
Julie Otsuka – Éditions 10-18 -
Une rose seule


« de quoi le deuil est-il le plus difficile ? De ce qu’on a perdu ou de ce qu’on a jamais eu ? »
A la mort de son père, qu’elle n’a jamais connu, Rose va s’envoler pour la première fois au Japon. Paul, l’assistant de son père et son exécuteur testamentaire va la guider dans Kyoto selon ses dernières volontés avant l’ouverture du testament chez le notaire. Rose, en colère contre cet homme qu’elle n’a jamais connu, dirige son agressivité vers Paul. Suivant l’itinéraire choisi par son père, Rose ira de temple en temple, de jardin en jardin et de restaurant en restaurant. Elle apprivoisera, au fil de ces promenades, la culture japonaise et apprendra à connaître son père à travers les paroles de ceux qui l’ont aimé baissant peu à peu sa garde. Les chapitres sont entrecoupés de courtes légendes annonçant l’état d’esprit du chapitre suivant.
J’avais déjà lu et aimé l’élégance du hérisson de cette auteure, je me réjouissais donc de découvrir un autre de ses romans qui plus est sur le Japon. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans car la lecture de ce récit est exigeante mais la plume est poétique et chaque mot est choisi avec le plus grand soin. On le lit comme un poème sur lequel il faut parfois repasser pour en saisir toute l’étendue. Une rose seule c’est l’histoire d’une renaissance dans laquelle Rose devra comprendre qui elle est en comprenant d’où elle vient.
Une interview de Muriel Barbery est disponible en podcast sur @franceculture dans l’émission l’éveil culturel « Le voyage à Kyoto de Muriel Barbery : « la ville est une personne à part entière ».
Une rose seule
Muriel Barbery – Acte sud -
Reine d’Égypte


Hatchepsout est la fille du pharaon, elle est mariée à son demi-frère Sethi avide de pouvoir qui devient, grâce à ce mariage, l’héritier du trône. Pourtant, elle ne se contentera pas d’être la « femme de » et ne voit pas pourquoi sa qualité de femme l’empêcherait de devenir pharaon!
Enfant elle n’a eu de cesse d’humilier Sethi au combat et sait se défendre toute seule. Promettant à sa mère de suivre ses désirs, elle mènera alors son combat pour s’affranchir des conventions. Considéré comme un manga féministe, la place de la femme dans la société est au centre de ce récit. Une mise en bouche sympathique pour ce manga historique, j’ai bien aimé suivre Hatchepsout mais surtout détester Sethi
Reine d’Égypte
Chie Inudoh – Ki-oon éditions -
Les délices de Tokyo


« Le destin n’est pas un mot pour les jeunes. »
Pour racheter sa dette à sa sortie de prison, Sentarô travaille sans conviction dans une échoppe où l’on sert des dorayaki, pâtisseries japonaises à base de pâte de haricots rouges. Un jour Tokue, une vieille dame, vient lui proposer de travailler pour un salaire ridicule. Si Sentarô refuse dans un premier temps, il va très vite se laisser convaincre dans un second temps s’apercevant des talents culinaires indéniables de Tokue. La nouvelle recette des dorayaki ne va pas tarder à emporter un franc succès augmentant la fréquentation du restaurant. Sentarô essaie de garder cette présence secrète mais les particularités physiques de Tokue ne vont pas tarder à soulever des questions…
Un court roman dans lequel Tokue va nous donner une leçon d’espoir et de résilience à travers son histoire personnelle et son amitié naissante avec Sentarô jeune homme en pleine reconstruction.
« Quand j’étais enfant, je n’avais pas de rêve particulier pour l’avenir. Après tout, c’était la guerre, et il me semble que je m’inquiétais plus de savoir jusqu’à quand je resterais en vie que du métier que je souhaiterais exercer. Mais après avoir contracté cette maladie, quand j’ai compris que je serais à jamais exclue du monde extérieur, j’ai su ce que je voulais faire, et j’ai été bien embarrassée. »
Le livre a été adapté au cinéma par Naomi Kawase et primé à Cannes. Je decouvrirai le film avec plaisir.
Les délices de Tokyo
Durian Sukegawa – Le livre de poche