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Anne de Green Gables


Anne Shirley est une petite orpheline rousse, mal fagottée qui erre de famille en famille. Un jour, elle est recueillie par un couple de frère et sœur qui l’emmeneront vivre à Green Gables où elle se lira d’amitié avec Diana. Si Mathew s’attache immédiatement à cette petite fille à la langue bien trop pendue, Marilla elle est bien trop déçue de l’avoir recuperé alors qu’elle voulait un garçon pour pouvoir aider aux tâches laborieuses mais peu à peu son cœur va s’ouvrir et elle s’attachera plus qu’elle ne le pense aux bavardages de sa petite Anne Shirley. Elle lui apprendra tout de même à prier ce qu’elle fera à sa manière. A Avonlea, les débuts d’Anne seront tumultueux entre moqueries des enfants à l’école et les adultes supris par son impertinence, tout le monde finira par s’attacher à cette petite fille vive, intelligente, excessive et romantique.
J’ai totalement dévoré ce premier tome des aventures de la si attachante Anne. Quelle pipelette ! Je me suis dit ce n’est pas possible de parler autant mais quelle bouffée d’air frais, quelle joie de vivre, quel bouillon d’optimisme que cette petite orpheline ! J’ai été emportée par ce tourbillon d’entousiasme et son imagination débordante. De bêtises en bêtises, d’émoi en émoi, Anne nous noie dans un océan de bonheur. Le tome 2 m’attend bien au chaud.
Anne de Green Gables
Lucy Maud Montgomery – Éditions Monsieur Toussaint Louverture -
L’île des âmes


Au cœur de la Sardaigne, des meurtres rituels restent inexpliqués depuis plusieurs années. Lui restant quelques mois à vivre, l’inspecteur Barrali souhaite élucider le mystère entourant deux meurtres de jeunes filles retrouvées sur des sites ancestraux dont les corps n’ont jamais été réclamés. Pour l’aider dans cet ultime entreprise, deux inspectrices sont mutées au sein du département des crimes non élucidées nouvellement créé. Mises au placard pour leur conduite, Mara, femme élégante à grande gueule et Eva, une milanaise cachant un lourd secret, vont très vite être confrontées à la découverte d’une nouvelle disparition.
Plongés dans un paysage sauvage, nous découvrons la culture nuragique à travers l’enquête policière et l’histoire d’un peuple isolé de la Barbagia. Le roman est bien rythmé, les chapitres sont courts, l’ambiance est sombre, alternants entre enquête et le récit d’une famille de paysans aux rites ancestraux. J’ai beaucoup aimé la complète immersion dans la culture sarde, l’épaisseur des personnages qui m’a permis de compatir à leur souffrance respective, la pression des ultimes interrogatoires et bien sûr la fin de cette enquête rondement menée.
« Souvent nous pardonnons sans sourciller celui qui nous blesse, mais il nous est impossible de pardonner celui des nôtres qui s’est laissé blesser sans sourciller. »
L’île des âmes
Piergiorgio Pulixi – Éditions Gallmeister -
L’âge d’or


⭐ Fin des années 1960, Georgina, quatorze ans, rêve de devenir miss Liban. Ali Hassan, Palestinien se reveille avec un sentiment d’appartenance et s’apprête à embrasser le combat mené par son père et prendre les armes pour libérer sa terre natale. D’un côté une jeunesse s’efforçant de rester insouciante allant de boîte de nuit aux clubs privé d’hôtels luxueux, de l’autre une jeunesse arme au poing prête à défendre son peuple. Roland est amoureux de Georgina et Micky retranscrit dans son petit carnet les événements de son pays qu’il aime tant.
⭐ Je connais très mal l’histoire du Liban et ce roman m’a fait découvrir le contexte de la guerre civile de ce pays tiraillé entre sa volonté de neutralité et la défense de sa diversité. De 1967 à 1979, nous allons suivre cette tension qui monte petit à petit, ces fractures qui s’installent, la violence qui émerge. C’est le deuxième roman de Diane Mazloum que je lis et celui-ci m’a particulièrement donné envie d’en savoir plus sur ce fragile Liban si attachant. Là encore l’histoire des personnages n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant et sert de prétexte à la description d’un Liban meurtri par les conflits de ses voisins.
⭐ « le danger est un puissant aphrodisiaque. Mais sur une longue période, il devient corrosif. Il fatigue le cerveau et fausse la personnalité. Pour dompter les angoisses, ty devras faire usage de tranquillisants, de somnifères et d’alcool à doses mesurées. »
L’âge d’or
Diane Mazloum – Le livre de poche -
The Beatles


Cet ouvrage de 256 pages retrace l’histoire des Beatles de leur création à leur séparation en passant par le Beatlemania. Chaque chapitre raconte un passage de leur carrière avec des anecdotes plus ou moins connues comme leur premier concert à l’Olympia, l’écriture de Yesterday, leur voyage en Inde ou encore l’arrivée de Yoko hono dans la vie de John Lennon. Les chapitres sont introduits par des pages documentaires détaillants une période de leur épopée. Chacune de ces parties est ensuite illustrée par des planches d’un artiste different.
J’ai bien aimé le ton adopté dans les pages documentaires même si je n’ai pas l’habitude de lire ce format de BD. Il y a beaucoup de détails ce qui rend la lecture moins fluide qu’une BD habituelle. Néanmoins, elle est extrêmement instructive et j’ai découvert où redecouvert des anecdotes sur ce groupe légendaire.
On retrouve les phrases cultes qu’ils ont pu prononcer au détour d’interviews « Nous sommes plus populaires que Jésus/ comment avez vous trouvez l’Amérique ? En tournant à gauche au Groenland » / « pour commencer je n’aime pas votre cravate/ »comment appelez vous votre coupe de cheveux ? Arthur… »
« Penny Lane is in my ears and in my eyes. There beneath the blue suburban skies. I sit and meanwhile back. »
The Beatles en Bandes dessinées –
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Les choses humaines


Nous suivons la famille Farel dans laquelle Jean est un célèbre journaliste politique attiré par la gloire, sa femme Claire est une féministe engagée et Alexandre, leur fils est sur le point d’entamer des études prestigieuses à Stanford. Une accusation de viol va briser leur avenir qui semblait pourtant tout tracé.
Dans la vague « me too », le sujet épineux et, oh combien d’actualité, de la zone grise du consentement est ici abordé. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans, j’ai repris ma lecture deux ou trois fois mais une fois l’intrigue posée, je n’ai plus lâché le livre. Cette mère féministe voit ses principes ébranlés par une situation qui la touche personnellement. Ne revoit-on pas nos idéaux à la lumière des épreuves que nous traversons ? Est-ce que le « jamais » qu’on use et abuse lors de débats passionnés sera toujours d’actualité lorsque notre subjectivité sera impliquée ? Une situation a toujours plusieurs interprétations en fonction de la position dans laquelle on se trouve. La lecture est haletante, mille questions traversent notre esprit, nos certitudes sont bouleversées. L’auteure retranscrit avec précision et justesse le déroulé du procès, les plaidoiries sont poignantes. Une chose est sûre on ne ressort pas indemne de cette lecture, elle nous malmène et nous interroge.
Les choses humaines
Karine Tuil – Folio éditions -
Beignets de tomates vertes


En Alabama, Evelyn, en proie à la dépression, rend visite à Niny à Rose terrace, une maison de repos, et écoute attentivement les souvenirs des aventures des habitants de Whistle Stop. Au fil de ces visites, Evelyn, s’attachera à ces personnages et reprendra peu à peu goût à la vie. A Whistle Stop, Idgie est une femme au caractère bien trempé qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Ruth tient un petit café au bord de la voie ferrée où elle accueille tout le monde à bras ouvert.
C’est un beau roman sur l’amitié, la tolérance et la solidarité mais l’auteure aborde également des sujets douloureux tels que la ségrégation raciale, le handicap ou les violences conjugales toujours avec légèreté et humour. J’ai apprécié l’éducation qu’Idgie donne à Stump. Elle lui apprend à respecter les femmes et que rien n’est impossible même avec un handicap.
J’avais déjà vu le film plusieurs fois et je l’avais beaucoup aimé. Je n’ai pas pu me détacher des acteurs pendant ma lecture surtout pour Idgie et Big George mais j’ai été ravie de retrouver ce petit village et leurs habitants si attachants.
Beignets de tomates vertes
Fannie Flagg – Éditions du Cherche Midi -
Une bonne épouse Indienne


D’origine Indienne, Suneel a construit sa vie à San Francisco où il est devenu anesthésiste. Il baigne désormais dans la culture occidentale se faisant appeler Neel et vivant une histoire sans attache avec Caroline. En Inde, sa famille le presse de se marier et lui demande de revenir voir son grand-père souffrant. A son arrivée, il pense assister aux derniers jours de son grand père mais se trouve pris dans un engrenage le menant au mariage sans qu’il ne puisse s’en défaire.
Leila, une Indienne brillante diplômée de littérature, n’est toujours pas mariée, les hommes qui lui sont présentés refusant les uns après les autres de l’épouser à cause de sa dot trop faible.
Nous suivons Neel et Leila dans leur première année de vie commune après ce mariage arrangé. J’ai été envoûtée par la culture indienne, les traditions, leurs plats et vêtements plus colorés les uns que les autres. J’ai trouvé Neel absolument détestable manquant cruellement d’empathie vis à vis de sa femme, une Leila intelligente, forte, patiente et digne. J’ai beaucoup aimé le parti pris de l’auteure qui n’est pas forcément celui attendu par notre vision occidentale. Elle ne stygmatise pas la culture du mariage arrangé et montre comment on peut être tiraillé entre deux cultures, jamais compris, ni par sa famille d’origine ni par sa famille d’adoption.
Une lecture que je recommande pour si on aime l’Inde et les histoires d’amour
Une bonne épouse Indienne
Anne Cherian – Folio éditions -
L’hiver de Solveig


Noémie, mère de deux enfants, vit dans une grande et belle maison bordelaise avec son mari médecin. Un jour de 1940, leur domicile est réquisitionné, ils sont contraints d’héberger Gunter un soldat allemand. Leur jardinier Germain, participe lui activement à la résistance qui se met petit à petit en place.
En 1946, une petite fille est retrouvée après avoir couru plusieurs kilomètres dans la forêt, elle ne souvient ni de son nom, ni d’où elle vient. Justin se voit confier l’enquête et s’attachera très vite à cette petite fille amnesique mais qui n’a pas la langue dans sa poche. Il mettra tout en œuvre pour savoir qui elle est, et retrouver ses parents.
Mêlant alternance d’époques et de points de vue, le rythme est soutenu, les pages défilent sans que l’on s’en rende compte. J’ai immédiatement été happée par l’histoire, je me suis attachée à tous ces personnages, on n’a aucune difficulté à passer d’un personnage à un autre ou d’une époque à l’autre, c’est tellement bien écrit, tellement bien construit que je n’ai pas pu le lâcher. Il y a beaucoup de sentiments dans ce roman, de l’amour, de la peur, de la haine. L’auteure décrit avec justesse la méfiance, les préjugés et jugements hâtifs que l’on pouvait avoir les uns envers les autres pendant la guerre. L’organisation de la résistance, l’excitation et la fierté qui s’en dégagent est également très bien retranscrite. Une très bonne lecture, j’aurais aimé prolonger ce doux et agréable moment.
Merci à @preludeseditions de m’avoir fait découvrir ce magnifique roman grâce à leur concours.
« On a coutume de dire que le temps passe vite, mais en période de guerre, l’impression est moins nette. »
L’hiver de Solveig
Reine Andrieu – Préludes éditions -
HOLY WOOD


« Hollywood n’est pas gentil. Il fonctionne sur la passion. Se sentir désirer est une chose. Se sentir aimé en est une autre. »
Norma Jeane Baker, une jeune femme bègue arrive à Hollywood pour faire carrière. Elle enchaîne dans un premier temps les photos. Après un peu de chirurgie esthétique et un relooking, elle sera prête pour devenir la célèbre Marilyn. L’auteur dépeint son rapport compliqué à la célébrité, aux hommes, son mal-être grandissant malgré le succès. Peinant à se sentir vivante, elle recherche en vain la simplicité. La solitude, l’alcool, les médicaments et les rivalités l’entraînent doucement sur une pente descendante la menant sur la route de la dépression.
Cet album one shot dénonce l’univers cinématographie de l’époque. J’ai trouvé l’histoire intéressante même si, à mon avis, je n’ai pas perçu toutes subtilités des références à la vie de Marilyn Monroe
Holy Wood
Portrait fantasmé de Marilyn Monroe
Tommy Redolfi – La boîte à bulles éditions
256p -
Les possibles


Souhaitant me laisser bercer par la douce musique des mots de Virginie sans savoir où j’allais, j’ai fui résumé et chronique.
A peine quelques pages tournées, je sais déjà que la plume reconnaissable de l’auteure va encore une fois me bouleverser, me malmener en me plongeant dans une vague d’émotions. Cette plume qui nous fait passer du rire aux larmes, chaque phrase sonne juste et diffuse ses ondes pour résonner en nous. J’ai noté tant de phrases qui m’ont parlé, touché, ému, amusé.
Virginie Grimaldi a cette capacité de saisir les épreuves que tout à chacun nous traversons un jour. Après la lecture de ces romans, on se sent moins seul, elle pose des mots sur nos maux et dits nos non-dits. Ici, la maladie, l’anxiété, l’hypocondrie, le handicap, l’hyperphagie, Virginie saisit et retranscrit. A chacun de ces romans, on en sort grandi, gonflé en ayant envie de croquer la vie à pleines dents.
Je me suis retrouvée en Juliane : l’importance que l’on accorde au regard des autres, le réconfort trouvé dans la nourriture, le besoin de tout contrôler, ne pas réussir à lâcher prise, les angoisses envahissantes pour notre enfant, les paroles des autres que l’on reçoit parfois comme une gifle. Les références musicales, glissées au fil des pages me sont chères, Led Zepplin, Deep Purple, Dire Straits, Janis Joplin m’ont moi aussi accompagné dans mon enfance et font partie de l’héritage culturel que m’a transmis mon père.
Ce roman est avant tout une déclaration d’amour d’une fille à son père, de l’importance du souvenir, de la transformation d’une personne que l’on aime, de facteurs qui nous échappent que l’on ne peut malheureusement pas contrôler et fatalement du temps qui passe…l’importance de croire en soi, de croire en ses rêves, de ne pas les oublier…
J’ai suivi l’histoire de Jean et Juliann avec la gorge nouée, le cœur serré mais le sourire aux lèvres. Et c’est là tout l’art de Virginie Grimaldi !
Une tendre pensée pour la Juliane qui a donné son prénom à cette héroïne.
Les possibles Virginie Grimaldi, éditions Fayard